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Sigrid

NewB au sommet de l'UE sur l'investissement durable

Le jeudi 7 octobre, NewB était invitée à intervenir dans le cadre de l’ « EU Sustainable Investment Summit ». Cet événement qui doit avoir lieu de manière annuelle est l'une des premières initiatives menées dans le cadre du Green Deal européen. En effet, l'Europe a pour ambition de devenir le premier continent totalement neutre sur le plan climatique d'ici à 2050 et notre président Bernard Bayot était là pour apporter sa pierre à l’édifice.

Une nouvelle orientation pour les capitaux européens

Parmi les personnes qui intervenaient dans le cadre du sommet, on retrouvait notamment Bill Gates, la reine Máxima des Pays-Bas, Ursula von der Leyen, António Guterres, des représentant·e·s de banques, de plateformes d'investissement et encore d'autres institutions. L’objectif : discuter de la manière dont l'Europe peut orienter ses flux de capitaux vers des projets plus durables. La question est vaste et a été abordée par différents biais au cours de débats animés.

Dans ce contexte, Bernard Bayot a participé au panel de discussion Open your mind: new ways to mobilise finance for impact (Ouvrez votre esprit : de nouvelles manières d’employer la finance pour faire la différence) dans lequel les intervenant·e·s ont examiné les opportunités et les risques inhérents à un paysage d'investissement en pleine mutation. L’arrivée de nouveaux acteurs tels que des fintechs, des coopératives (comme NewB) ou les plateformes de crowdfunding apporte, en effet, son lot de questions. L'une de ces questions est notamment de savoir comment réglementer ces nouveaux acteurs sans que cela ne risque de faire fuir les investisseurs.

Au-delà des aspects techniques, des questions se posent également sur le plan humain avec des priorités bien différentes en matière d'investissements pour les millenials et la génération Z.

Une décennie décisive

Dans son discours d'ouverture, Bill Gates a souligné que le défi auquel nous sommes actuellement confrontés est le plus difficile de l'histoire de l'humanité. La réduction des émissions à zéro d'ici à 2050 nécessitera une quantité énorme d'investissements et …d'énergie.

Aujourd’hui, nous devons impérativement trouver des solutions à des problèmes tels que la neutralité carbone des transports de masse et des secteurs de l'acier et du béton. En d'autres termes, nous avons besoin de sources d'énergie qui n'existent pas encore. Par le passé, certaines personnes ont été capables de développer des technologies révolutionnaires, mais la grande différence est qu'elles ont eu le temps de le faire. Nous n'avons pas ce luxe aujourd'hui. Et l'Europe aura besoin de partenaires. Aucune institution ne pourra y parvenir seule, a déclaré M. Gates.

Il s'est ensuite prononcé en faveur des partenariats public-privé, qui, selon lui, sont indispensables pour accomplir un travail d’une telle ampleur. Il est d’ailleurs convaincu que l'Europe est bien placée pour être pionnière dans le domaine. En conclusion, des solutions à la question du climat doivent absolument être trouvées au cours de cette décennie, a-t-il conclu. 

Synergies et ADN

En tant que seul des quatre membres du panel à être en studio, Bernard Bayot occupait littéralement une place à part dans les débats. En guise d’introduction, il a commencé par rappeler les origines de NewB puis a partagé son idée de la place que la banque, en tant que nouvelle venue, occupe aujourd’hui dans le paysage financier.

De son côté, Roger Havenith, directeur adjoint du Fonds européen d'investissement (FEI), a joué le rôle de représentant de l'"ancienne" façon de traiter les capitaux avec des investissements durables désormais au cœur des activités du FEI. Il est convaincu que les fintechs et autres initiatives ont beaucoup à apprendre aux institutions traditionnelles mais aussi l’inverse. D’après lui, des synergies doivent encore être trouvées car personne ne peut y parvenir seul. Il soulève également le défi que représente la mesurabilité de résultats qui vont au-delà des performances financières. De telles mesures n’en sont encore qu’à leurs balbutiements précise-t-il.

Carola Carazzone, secrétaire générale d'Assifero et présidente des réseaux Dafne-Donors et Foundations en Europe, envisage un rôle particulier pour les organisations philanthropiques en Europe lorsqu’il s’agit de l'investissement avec impact. Les 900 fondations familiales du réseau peuvent faire une grande différence, a-t-elle ajouté.

La question suivante portait sur le diktat de des actionnaires et sur le fait que l’on parvenait à progressivement à s’en éloigner. À cet égard, Bernard Bayot a déclaré qu'il considérait les développements de manière positive. L'ADN des coopératives comme NewB est fondamentalement différente de celui des structures traditionnelles. Comme les actionnaires, les propriétaires et les client·e·s de la coopérative sont les mêmes personnes qui partagent le même objectif, les conflits d’intérêt entre les deux parties disparaissent naturellement.

Il existe une crainte que les petites initiatives ne bénéficient pas des mêmes opportunités que les acteurs traditionnels. Auront-elles une chance, ou seront-elles écartées du marché ? Bernard Bayot pense que la réponse réside dans la différence quantité/qualité. De nombreux acteurs traditionnels sont peut-être de gros poissons, mais on assiste aujourd’hui à une recrudescence du greenwashing et du social washing tandis que la durabilité est ancrée dans l'ADN de NewB, par exemple. Le modèle économique des structures coopératives fait également la différence. Les dirigeants ne peuvent plus faire cavalier seul, ils dépendent des décisions des coopératrices et coopérateurs. M. Bayot a également déclaré qu'il pensait que l'Europe était sur la bonne voie en matière de réglementation même s’il précise que les avancées restent lentes.

Jeunesse avec douze zéros

Le quatrième intervenant a confirmé cette rupture avec le passé. Joseph Chandler est PDG et directeur exécutif de la création d'Abundance Holdings et, en tant que jeune membre du panel, il avait la voix des jeunes dans sa poche. Les jeunes, les millennials et les GenZs, pensent à plus long terme, a-t-il dit, et ne sont pas servis par des discours fantaisistes. En outre, nous ne devons pas sous-estimer leur impact. Les deux générations représentent quelque 5 000 milliards d'euros (douze zéros) dans un avenir proche et elles se soucient de l'avenir. Il a conseillé à chacun·e de s'informer sur ce qui se passe en matière de développements dans le monde financier. D’après lui, les hommes politiques devront réformer non seulement leurs politiques, mais également leur façon de penser pour mieux s’adapter à une nouvelle réalité.

Roger Havenith s’inscrit également en tant que témoin de ces changements, même s'il craint que l'Europe ne se voie rapidement dépassée par d'autres marchés, telle que la Chine. Après tout, nous parlons d'un défi mondial. Nous sommes au début de la transition, dit-il, et il a souligné une nouvelle fois la nécessité de la continuité de la chaîne financière et de la coopération, ce sur quoi Bernard Bayot n'est pas si optimiste. Il doute que le tissu des structures traditionnelles soit compatible entre elles.

Notre président a néanmoins tenu à terminer sur une note positive : « L'âge le plus représenté dans la coopérative NewB est toujours 29 ans. Cela signifie que, pour le moment, NewB est encore largement « futureproof ». »

Le sommet s'est achevé par les discours de Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne et responsable du Green Deal, et de John Kerry, envoyé présidentiel pour le climat aux États-Unis.

Au final, notre banque coopérative est peut-être une petite nouvelle sur le secteur bancaire mais elle fait donc déjà parler d'elle dans le monde entier.

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