Finance et politique : elles vécurent heureuses ? 21/05/2019 . Nicolas

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« Désenchantement politique », l’expression sonne comme un formidable euphémisme en ces heures de campagne électorale acharnée. Fake news, récupérations, tweets incendiaires : pour peu qu’il ait déjà existé il semble loin le merveilleux monde politique auquel la locution renvoie. Le charme est rompu. Irrémédiablement ? Peut-être pas : le meilleur moyen de réenchanter la politique pourrait tout simplement d’enchanter un peu la finance.

 

Du lobbying au pays des merveilles

Il faut dire que politique et finance entretiennent des rapports étroits. Les États et surtout les plus petites entités, comme les communes, ont tout simplement besoin des banques pour les aider à se financer. Sans banques, les politiques ne pourraient compter que sur les recettes provenant de nos taxes et de nos impôts pour soutenir leurs mesures. Ce mode de financement permet donc une plus grande flexibilité dans la gestion du budget des entités publiques. La dette publique, puisqu’il s’agit de cela, lie donc déjà étroitement les deux mondes.

 

Mais cette proximité ne se cantonne pas à des échanges monétaires : chacun influence également l’autre dans une large mesure. Côté politique, on tente de protéger les citoyen.ne.s avec une réglementation des pratiques bancaires tandis que, côté financier, on investit dans le lobbying pour obtenir les décisions les plus favorables au secteur. À ce titre, on estime que pas moins de 1.700 personnes travaillent chaque année au sein de 700 organisations pour influencer les politiques européennes en matière de finance. Les dépenses liées à cette activité avoisinent, pour leur part, les 123 millions d’euros.

 

Une crise qui continue à faire des vagues

La crise financière de 2008 constitue une autre illustration évidente des rapports qu’entretiennent finance et politique. Face à des banques « too big to fail », nos gouvernements n’ont pas eu d’autre choix que de voler au secours des institutions en difficulté pour éviter une plus grande catastrophe. Le résultat est connu : ce sont finalement les citoyens et les citoyennes qui ont payé pour les dérives du secteur.

 

On se rend en revanche moins bien compte de l’importance que cette crise a eu sur le paysage politique actuel. D’après certains experts, dont l’ex-directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, la montée des populismes un peu partout dans le monde est un "produit direct de la crise" qui a été un facteur d’accroissement des inégalités. Pour boucler la boucle des influences, l’économiste Daniel Cohen estime d’ailleurs que l’essor des populismes empêcherait aujourd’hui de sauver les banques si une nouvelle crise venait à survenir aujourd’hui.

 

Faire pencher la balance de notre côté

Si on récapitule : la politique essaye de protéger les citoyen.ne.s en réglementant les banques qui, elles-mêmes, essayent à leur tour d’influencer la politique pour protéger leurs intérêt. Mais que se passerait-il si la banque venait à partager les intérêts des citoyen.nes ? Ne serait-ce finalement pas une manière efficace de faire pencher la balance dans la bonne direction ? De faire entendre les revendications qui ont mobilisé toute une partie de la population ces derniers mois ?

 

À l’heure où chaque parti s’apprête à se déclarer vainqueur du scrutin, ne l’oubliez pas : votre argent possède une voix. La banque à laquelle vous confiez votre salaire et votre épargne peut faire toute la différence.

 

Vous n’êtes pas encore coopératrice ou coopérateur de NewB ? Rejoignez le mouvement et commencez dès aujourd’hui à voter avec votre argent en nous aidant à créer à la banque de demain !

 

Remarque : NewB se veut un projet apolitique pour que notre future banque puisse représenter au mieux l’ensemble des citoyen.ne.s, l’inclusion fait partie de nos valeurs. Il est évident que des aspects du projet rapprochent NewB de certaines familles politiques et l’éloigne d’autres mais le respect des valeurs inscrites dans les statuts et le système de gouvernance coopératif restent les fondements qui guident notre coopérative.