Les maisons médicales : un modèle de santé pas comme les autres 01/09/2020 . Judith

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En 2019, 23 maisons médicales ont rejoint NewB qui était déjà soutenue par deux d’entre elles et par la Fédération des maisons médicales depuis 2013. La plupart de ces nouveaux membres fait d’ailleurs partie de la Fédération. Dans ces 23 nouvelles maisons médicales, 2 font partie de la Vereniging van wijkgezondheidscentra.

Des maisons médicales, pour quoi faire ?

Née il y a 40 ans, la Fédération des maisons médicales se présente comme un véritable mouvement en faveur d’une médecine de proximité, préventive et accessible au plus grand nombre. Chaque maison regroupe des équipes pluridisciplinaires ? allant de la médecine générale, aux kinés, infirmier·e·s ou accueillant·e·s. Mais la mission des maisons médicales va au-delà de la santé : elle fait également la part belle à la prévention.

« La pluridisciplinarité des équipes permet une approche globale de la santé. Dans cette approche, on tient compte des conditions socio-économiques, culturelles et environnementales de la personne qui sont des déterminants importants de la santé.  Les équipes sont donc souvent amenées à se positionner par rapport à des questions qui ont un impact qui dépasse souvent le domaine strictement médical. » précise Yaëlle Vanheuverzwijn, Coordinatrice des maisons médicales de Bruxelles et du Brabant wallon pour la Fédération des maisons médicales et qui fait partie de l’équipe qui a lancé une nouvelle maison médicale à Saint-Josse.

Un système de paiement particulier

Chaque maison médicale décide de manière indépendante de fonctionner avec un système de paiement au forfait ou à l’acte. La première option permet aux patient·e·s de ne payer ni ses consultations, ni ses soins qui sont couverts grâce à un forfait que la maison médicale reçoit de la mutuelle pour chaque patient·e. inscrit·e. L’autre option, plus commune, consiste à payer (en tant que patient·e) le montant de la consultation et de se faire rembourser une partie par sa mutuelle. Dans cette seconde option, plusieurs maisons médicales pratiquent en outre le tiers-payant partiel qui consiste à ne payer que le ticket modérateur de la somme totale de la consultation et permet à la personne de ne pas devoir avancer une somme trop importante. Une mesure qui rend les soins de santé davantage accessibles.

L’autogestion au cœur de la gouvernance

Le personnel de ces maisons médicales travaille en équipe sur la base d’un modèle d’autogestion. Un débat persiste autour de l’origine et de la définition de cette façon de faire mais la Fédération propose plusieurs définitions, parmi lesquelles on retrouve celle-ci : « l’autogestion est un modèle de gestion décentralisée des entreprises, visant à réaliser une direction participative par les travailleurs ». Ce modèle de gouvernance est né dans le cadre des maisons médicales après 68 avec la volonté d’avoir un modèle d’organisation des soins sans hiérarchie et une répartition égalitaire des revenus (1). Concrètement, cela se traduit par l’absence de tension salariale entre les membres du personnel (ou alors très faible : moins de 1 à 3 entre le plus bas salaire et le salaire le plus élevé) et par la participation d’au moins 51% des travailleurs ou travailleuses aux assemblées générales. La participation des membres du personnel dans la prise de décision est une condition minimum obligatoire pour faire partie de la fédération des maisons médicales.

Mais les modèles de gouvernance de ces maisons médicales vont souvent bien au-delà des deux principes pré-cités en matière d’autogestion. On y retrouve ainsi des pratiques d’élections sans candidat·e·s ou de prise de décision par consentement, par exemple (2). Précisons par ailleurs que chaque maison est libre d’organiser l’autogestion comme elle le souhaite. « Il y a d’ailleurs autant de fonctionnements autogestionnaires que de maisons médicales », précise Yaëlle Vanheuverzwijn.  

Enfin, chaque maison médicale a droit à une ou deux voix à l’assemblée générale de la Fédération des maisons médicales, plus une voix supplémentaire si la maison médicale a mis en place un comité de patient·e·s reconnu par la Fédération. Encore un exemple qui illustre la philosophie de ces structures qui encouragent les usagers et usagères à prendre en main leur santé avec aussi une logique de continuité dans ses soins comme mentionné en début d’article.

Du côté néerlandophone, les wijkgezondheidscentra

Les wijkgezondheidscentra sont l’alter égo de la Fédération des maisons médicales en Flandres et à Bruxelles pour le côté néerlandophone. Bien que moins présentes dans les membres de NewB, elles ne sont pas moins importantes. En janvier 2019, les centres de santé de la fédération employaient plus de 850 personnes dont 695 salarié·e·s et 156 bénévoles dans plus de 35 centres. Ces centres fonctionnent également, pour la plus grande majorité, sur le fonctionnement au forfait. Ici aussi, il s’agit de centres de santé qui s’adressent à toutes les personnes résidant dans un champs géographique défini autour de la maison médicale.

Avant tout, une adhésion aux valeurs de NewB

Sur les raisons qui ont poussé les maisons médicales à participer à la création de NewB, Genevieve Gyselinx, co-fondatrice de la Maison Médicale Couleurs Santé à Ixelles répond qu’il s’agit avant tout d’une adhésion aux valeurs de NewB dans son ensemble. « Ensemble, on est plus fort ! », affirme-t-elle dans un entretien téléphonique.

La possibilité de voter aux assemblées générales et d’avoir voix au chapitre sur la destination de son argent lui semble essentiel également.

 

Vous souhaitez en savoir plus sur les maisons médicales proches de chez vous ?

https://www.maisonmedicale.org/

https://vwgc.be/

 


 (1) Legrand Manon, “Dans les maisons médicales, on cultive l’autogestion »,  l’Alter Echo, 10/10/2015, consulté le 24/08/2020, disponible sur : https://www.alterechos.be/dans-les-maisons-medicales-on-cultive-lautogestion/#:~:text=L%27autogestion%20s%27y%20traduit,et%20%C3%A0%20d%27anciens%20travailleurs.
(2) Plus d’information sur ce type de pratiques : https://collectiv-a.be/