NewB en campagne : le regard de la presse 26/03/2020 . NewB

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La réussite de notre campagne de capitalisation aurait été impensable sans l’intervention de la presse et des médias. Véritable « quatrième pouvoir » pour certain·e·s, la presse a joué et jouera sans doute encore un rôle clef dans la conception et la mise en musique de « l’histoire NewB ». Pour mieux comprendre les mécaniques à l’œuvre, voici un retour – non exhaustif – sur la manière dont les médias se sont emparés de NewB.

Des débuts difficiles…

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la presse a été beaucoup plus gourmande en fin de campagne qu’au début. La conférence de presse lancée le vendredi 25 octobre sur le coup de midi n’aura attiré qu’une poignée de journalistes téméraires. Ce jour-là, veille du congé de la Toussaint, la une se concentrait davantage sur la fête d’anniversaire des 18 ans de la princesse Elisabeth et sur l’imminent rachat d’AXA Banque par Crelan. Il faut dire que cette date a été largement conditionnée par la rédaction du Prospectus de l’offre qui avait mobilisé tous les jours et de nombreuses nuits au sein de notre équipe. NewB passe son tour.

Durant les 15 jours qui suivent, NewB est en sourdine. Exception faite d’une carte blanche publiée dans Le Vif le vendredi 8 novembre par le co-président des Verts européens Philippe Lamberts. Son propos est éloquent et son texte touche des dizaines de milliers de lecteurs, sur Facebook notamment. Mais pour le reste, rien à signaler. La campagne patine, atteignant difficilement le cap du 1er million d’euros après 8 jours. 

Mi-novembre… Un regain d’intérêt pas toujours positif

Mi-novembre, à 2 semaines du terme, certains quotidiens commencent à sérieusement douter de la faisabilité de l’opération. Et à partager ce doute auprès du grand public. Les titres parlent d’eux-mêmes « NewB staat mijlenver van bankproject » (De Tijd), « A mi-chemin, la levée de fonds de NewB patine encore » (L’Echo), « NewB: levée de fonds de la dernière chance » (Le Soir), « NewB, de bank die maar geen geld vindt » (het Nieuwsblad), « Erop of eronder voor NewB » (De Standaard) ou encore, à 4 jours du terme, « Blijft het bij beleefd applaus voor NewB? » (De Tijd). À ce moment, personne ne soupçonne encore de l’effet boule de neige qui permettra de lever près de 16 millions d’euros au cours des 3 derniers jours de la campagne. La presse finit par s’emballer et annonce le mercredi 27 novembre la réussite, avant même que le montant total soit atteint et avant toute communication officielle de la part de NewB. 

Quelques moments forts…

Dans notre équipe, plusieurs épisodes ont revêtu une importance particulière dans le déroulement de la campagne.

  • L’interview de Koen De Vidts, porte-parole néerlandophone de NewB, sur Radio 1 le 5 novembre. Une première couverture de la VRT pendant cette campagne, obtenue non sans insistance, qui avait de quoi surprendre. Alors que nous nous réjouissions d’une interview convaincante, un expert financier de la KU Leuven reprend l’antenne une petite demi-heure plus tard et critique allègrement le projet sans que nous ayons été mis au courant. C’est évidemment son droit le plus strict mais certains arguments employés sont selon nous factuellement faux et renvoient un message on ne peut plus négatif aux auditrices et auditeurs. Coup de blues.

  • Le 14 novembre, Bernard Bayot est invité dans l’émission « On n’est pas des pigeons » de la RTBF. Il faut jouer le jeu : répondre vite et bien aux questions acerbes des journalistes, sous peine d’être décrédibilisé. Bernard soutient mordicus que le cap des 30 millions sera atteint. Une posture osée mais sincère dans le creux de la campagne. La vidéo est postée sur Facebook et touche presque 100.000 personnes de manière « organique ». C’est nettement plus que les publications des jours précédents. 

  • Mercredi 20 novembre. Comme tous les jours à 20h30, Phara de Aguirre, icône journalistique incontournable en Flandre, accueille des personnalités de l’actualité dans ce programme phare de la VRT. Ce soir-là, autour de la table, il y a entre autres Koen De Vidts (NewB), Geert Mak (célèbre historien néerlandais) et Véronique Goossens (chief economist chez Belfius). Un débat de fond de qualité qui aura sûrement pu convaincre une partie de l’intelligentsia flamande à une semaine de la fin de campagne.

  • Vendredi 22 novembre. La RTBF consacre le dossier du 19h30 à NewB. Les images ont été prises la veille à une soirée organisée par NewB à Liège : salle comble, applaudissements, sentiment collectif fort. Nul doute que ces 3-4 minutes aient été très bénéfiques pour la notoriété du projet.

Un regard critique de part et d’autre du spectre politique…

Les critiques formulées à l’égard du projet sont toujours intéressantes à prendre en compte. Souvent révélatrices des orientations politiques de leurs auteur·trices, elles favorisent néanmoins une prise de recul saine et nécessaire.

Côté gauche, par exemple, des voix se sont élevées pour dénoncer le caractère réformiste du projet. La grille théorique mobilisée – bien que spécifique d’auteur à auteur – est celle de l’anticapitalisme et de l’impossibilité de changer le système de l’intérieur. Une initiative comme NewB ne s’attaque pas aux fondements du capitalisme et serait illusoire dans le contexte actuel. Comprenez : abattez d’abord le système puis on en reparle . 

Parmi les intellectuel·le·s libéraux·ales, NewB a été critiqué par le biais d’une grille d’analyse très économique, rationnelle, froide, presqu’exclusivement concentrée sur les aspects économiques liés à l’offre. Sont alors mis en avant les risques de l’investissement, les pertes, l’irréalisme du business plan, les sources de revenus,… Comment un·e homo oeconomicus lucide et rationnel·le du 21ème siècle pourrait-il·elle sérieusement croire en un tel projet ? Certain·e·s en sont mêmes arrivé·e·s au point de nommer NewB un « enfant mort-né » ou de vouloir « faire un don » à NewB plutôt que d’y investir.  C’est nier totalement les motivations extra-économiques qui ont poussées plus de 70.000 personnes à souscrire au projet.

Aujourd’hui encore, NewB fait régulièrement couler de l’encre et c’est tant mieux : qu’elles soient médiatiques ou non, les questions soulevées nous permettent d’effectuer des choix conscients et de faire évoluer notre coopérative dans la bonne direction. Remettre la question bancaire à l’agenda des discussions, n’est-ce pas aussi un enjeu majeur pour un projet comme le nôtre ?